Vivre à la ferme Il y a quelque temps déjà

Arrivés en 1952 sur la commune, M. et Mme Confais, originaires de St Laurent Brévedent et St Jean de la Neuville, sont issus de famille d’agriculteurs.
Lorsqu’il visite la ferme, laissée à l’abandon, M. Confais n’envisage pas de s’y installer définitivement. A l’inverse de la terre cauchoise sans cailloux qu’il connaît bien, la terre qu’il découvre n’est pas bonne. Les ronces foisonnent. Tout est à refaire, y compris les clôtures. « La ferme est dure à travailler. » Le rendement initial à 30 quintaux l’hectare passera, avec de l’engrais, à 80 quintaux.
Pour Mme Confais, arrivée à l’âge de 19 ans, ce fut un véritable déchirement.
« J’ai pleuré lorsque je suis arrivée. Pour nous, Rouen c’était le bout du monde. »

• La fabrication du beurre
Dès leur arrivée, le lait est transformé en crème. Très vite, Mme Confais s’oriente vers la fabrication du beurre.
Tout est organisé (moule spécial carré – conditionnement papier…) et la possibilité d’un beurre demi-sel, vendu en livre ou demi livre. Fait le jeudi, les achats s’effectuent le vendredi ou le samedi.
M. Confais souligne la qualité exceptionnelle du beurre qu’il attribue, avec une pointe de fierté, à la source de l’Aubette.
« C’était un beurre très ferme. L’été, on plongeait les pots de crème dans la source. Cela faisait réfrigérateur pour une semaine. On les sortait la veille pour éviter qu’ils ne soient trop froids. L’hiver, on les ramenait à la maison. »
Mme Confais maintiendra la fabrication jusqu’en 1988.

• Les pommes de terre
Avec l’aide de M. Blondel, par le prêt de sa planteuse, M. Confais s’oriente vers la culture des pommes de terre. Au début, les gamins viennent ramasser à la main et sont payés au sac.
Les livraisons s’effectuent tant à l’école normale qu’au CET Hôtelier ou à la prison de Rouen qu’aux écoles de St Léger du Bourg Denis et St Aubin Epinay.

• La porcherie
Pour la nourriture des cochons, M. Confais récupérait « les eaux grasses » de la prison (restes de cantine comprenant beaucoup de pommes de terre dans les déchets). Cette pratique, d’il y a 35 ans, n’existe plus depuis longtemps.

• Un travail de tous les jours
Des 7 vaches à l’origine aux 28 vaches, la traite et la fabrication du beurre exigent une présence journalière. Difficile dans ces conditions de rendre visite aux parents et de participer aux réunions de famille.
Le « petit lait » est récupéré pour les veaux.
« Sur la ferme, il y avait deux hommes ; puis nos enfants prendront le relais ».

• La chasse
On chasse de père en fils. Dès l’âge de 16 ans, M. Confais rabat le gibier et possède à ses 18 ans son fusil. A St Aubin Epinay, le gibier n’est pas. Le bois offre quelques bécasses. La chasse se résume principalement aux lièvres et perdreaux.
• Les fêtes du village
Conseiller municipal de 1959 à 1989, M. Confais est responsable du comité des fêtes et des chemins avec M. André Goujon.
Deux fêtes coexistaient : Saint Aubin en juin et Epinay en septembre.
M. Confais se souvient en particulier :
– D’une fête où ils avaient acheté avec M. Goujon 200 à 300 truites pour la source de l’Aubette. Entre les deux petits ponts, près de la salle St Romain, ils mettaient du grillage. « Les gens s’amusaient énormément avec les truites ». Ils ont ensuite voulu en mettre une cinquantaine dans la rivière, mais elles ont été vite pêchées et les quelques truites restantes ont fait le bonheur du héron.
– Et de la grande fête hippique, avec sauts d’obstacles, à Saint Aubin qui a eu lieu en 1976, à l’initiative de M. André Goujon, Président des anciens combattants. Beaucoup de monde également à cette fête.

Aujourd’hui, M. et Mme Confais continuent de participer aux festivités locales tout en prenant le temps de voyager.
Daniel Boulier, Jacques Godard et Martine Malazdra remercient M. et Mme Confais pour leur accueil chaleureux, autour d’un bon vin chaud, le samedi 6 février 2010.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *